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IL N’EST PAS CELUI QUE VOUS CROYEZ (ces femmes amoureuses de tueurs en série)

Dernière mise à jour : 27 avr.

de Valérie Benaïm   éditions fayard  330 pages  prix 22€  (trouvable en occasion)


C’est en travaillant sur une série radio -prochainement sur antenne- traitant de la réinsertion des repris de justice que je me suis donc intéressé à ce livre de ma consœur Valérie Benaïm. Il ne traite pas du même sujet, elle a souhaité comprendre ce qui motive les femmes amoureuses de tueurs en série. En effet, certains criminels n’ont aucun problème à avoir des hordes d’admiratrices. Y compris lorsqu’ils séjournent en prison. Sachant pertinemment que le phénomène existe et pas loin de chez nous avec un Marc Dutroux qui reçoit un courrier incalculable, d’admiratrices amoureuses, comment comprendre ce qui les motive ! Cela fait froid dans le dos, surtout dans le cas de ce tueur qui a mis en deuil la Belgique !


HYBRISTOPHILE, voilà un mot bien barbare. L’hybristophilie est appelée aussi le fantasme du voyou’. Certaines personnes ne restent pas dans le domaine du fantasme : elles cherchent à se mettre en relation avec des criminels dangereux. Des hommes ayant commis des meurtres et des viols en série reçoivent ainsi en prison des courriers d'admiratrices aux connotations souvent sexuelles. 

Selon Wikipédia : "L'hybristophilie est un terme utilisé pour décrire une attirance ou une excitation sexuelle liée à des partenaires qui ont commis des actes criminels, en particulier des crimes …"

Les personnes, souvent de sexe féminin, attirées par ces criminels peuvent être fascinées et séduites par le danger, le mystèrela force ou le pouvoir que ces individus peuvent représenter. L’origine du phénomène est difficile à comprendre et reste très subjective…  Pour certains psychiatres le traumatisme de l’enfance peut être mis en avant en termes de revanche ; pour d’autres il s'agit simplement de franchir la frontière de l’interdit moral. Il est bon de préciser que cela ne relève pas d’un trouble psychiatrique. L’ emprise pathologique est le danger. Aimer un pervers, c’est entrer dans le cercle de l’emprise du meurtrier qui exploite l’amour vrai d’une hybristophile.

Dans certains cas, une sincérité peut s’instaurer et les relations amoureuses peuvent aider les deux protagonistes.

 

      Valérie Benaïm   journaliste depuis de nombreuses années, est depuis plus de 11 ans aux côtés de Cyril Hanouna, son cher ami, comme chroniqueuse permanente de TPMP sur C8, l'émission à double tranchant. Cette participation récurrente a fait sa notoriété.

Valérie Benaïm a sorti, il y a quelques semaines, un livre enquête de plus de deux ans, d’une grande rigueur sur ces femmes qui tombent amoureuses de meurtriers. Un livre remarquable. Rien n’est noir, rien n’est blanc, ce livre franc qui n’a rien de ‘trash’ nous rappelle que la vie nous réserve parfois de drôles de chemins. Bien entendu, la journaliste ne donne pas son blanc-seing à ces meurtriers. Elle ouvre son cœur et sa raison à des femmes matures emportées par des sentiments amoureux qu'elles imaginent sincères.

Elles sont avocates, policières, psychologues, gardiennes de prison, journalistes, ou ménagères et de tous âges ou conditions sociales.

Dans ce livre, nous essayons avec l'autrice de cerner comment ce genre d’individu peut séduire.  Valérie Benaïm l'enquêteuse a interviewé de nombreuses personnalités afin d’essayer de répondre à ces questions et de comprendre ce qui anime ces femmes.

 

Ces mains là sont aussi les mains qui ont tué ?

 

« Jeudi 3 février 2022, devant mon poste de télévision j’écoute le compte rendu de la journée du procès d’assises de Nordahl Lelandais, accusé de l’enlèvement et du meurtre de la petite Maëlys le 27 août 2017. Maëlys avait 8 ans. Cet ancien maître-chien a déjà été condamné en mai 2021 à vingt ans de réclusion criminelle pour le meurtre d’un jeune homme, le caporal Noyer. J’apprends alors, médusée, qu’il a pu ouvrir un compte Facebook en cellule, mais surtout qu’il a entretenu une correspondance avec une jeune lycéenne. C’est elle qui a fait le premier pas. Elle a 17 ans… » 

À la suite de cet épisode, un tas de questions assaillent Valérie Benaïm. Qui sont ces femmes ? Que recherchent elles ? Y a-t-il un profil particulier ?


C’est un livre sur l’emprise. L'ombre et le soleil de ces femmes amoureuses de criminels. Écriture aisée et humaine sous la forme d’un reportage. Nous lisons les angoisses d’une journaliste au jour le jour qui craint de ne pas obtenir les confidences de ses témoins et qui au fil des pages se sent bouleversée. Même si quelques spécialistes -avocats et psy- donnent leur avis, c’est la parole des femmes qui reste au centre de ce reportage. Il fallait que ce livre soit écrit par une femme pour essayer d'appréhender cet amour à la fois puissant et impuissant que beaucoup nomment : déviant ! Comment accepter de se faire toucher et de toucher des mains qui sont couvertes de sang?

Le système pénitencier permet les rencontres avec les prisonniers tout d’abord au parloir et ensuite dans des endroits plus intimes ou tout peut s’envisager.


À la rencontre d’Élisabeth et des autres…  


Valérie Benaïm relate son long échange téléphonique avec Élisabeth, une ex compagne de Nordahl Lelandais. Cette dernière revient sur son histoire d’amour avec le prisonnier devenu père en prison. Lelandais s’est retrouvé au cœur de l’une des affaires les plus choquantes. En 2022, il a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de Maëlys, une fillette de huit ans. Il a également été déclaré coupable du meurtre du caporal Arthur Noyer et d’agressions sexuelles contre trois de ses petites cousines. Élisabeth parle loyalement de son amour avec ce manipulateur que la France entière a honni : « cet homme que j’ai aimé m’a menti, manipulée, souillée, trahie ». Pour elle, l’envie de rencontrer ce criminel n’était que de l’altruisme. Tout d’abord un échange de courrier banal qui se transforme vite. C’est ensuite l’emprise irréductible. Élisabeth se bagarre contre elle-même, mais le meurtrier est plus fort, il parvient à la faire rire … Il se confie et devient séducteur en criant à l'erreur judiciaire. Impossible de fuir. Un sentiment de dépendance et d’humanité s’empare d’Élisabeth… Lorsque le salaud a tiré le maximum de cette femme devenue sa marionnette, elle est sa prisonnière. Le criminel devient celui qui appuie où ça fait mal,  il est à la fois le bourreau… et la victime.

Un témoignage sans faux-fuyant poignant et sans tolérance ou compassion de la part de Valérie Benaïm… Avec Élisabeth, la sincérité est saisissante …


Ces femmes amoureuses de tueurs en série…


D’autres témoignages saisissants s’enchainent malgré les frissons de la journaliste : des déclarations de rédemption, d’empathie, et d’abnégation qui nous font vivre le quotidien de l’interdit. Tous ces criminels sont à la fois des ‘Docteurs Jekkyll et Mister Hide’. Même en prison, leur égo prend le dessus : séduire par tous les moyens est leur crédo. Ces femmes doutent. Elles aiment avec confiance. Les monstres que nous connaissons par les médias n’ont plus l’apparence du mal pour elles. Le meurtrier n’est plus celui qui a donné la mort puisqu’elles lui donnent l’amour. Ces femmes sont aussi dans le déni complet jusqu’au jour… où !                 

                                                                                                                                                             Hervé Meillon




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