JE NE JOUERAI PLUS DE LUTH AVEC ABDELLAWAD DOUKALI...
- 16 mai
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Il y a des voix qui ne meurent jamais.Elles restent suspendues quelque part entre les murs d’une ville, dans un refrain oublié, dans le silence d’un soir, dans la mémoire de ceux qui les ont aimées.
Aujourd’hui, le Maroc perd une de ses grandes âmes artistiques : Abdelwahad Doukkali.Et moi, je perds un souvenir précieux.
Je revois encore cet homme élégant, cultivé, profondément humain, m’accueillant avec chaleur dans ses appartements de l’Immeuble de la Liberté à Casablanca. Il parlait de la musique comme on parle de la vie : avec passion, délicatesse et vérité. Chez lui, il n’y avait ni distance ni personnage. Seulement un regard habité, une voix grave chargée d’émotion, et cette manière rare d’écouter les autres avec le cœur.
Pour mon livre Jacques Brel Couleurs Maroc, il avait accepté de témoigner avec une générosité immense. Lui qui admirait tant Jacques Brel comprenait cette fraternité invisible entre les artistes qui chantent l’homme, ses blessures, ses élans et ses rêves. Abdelwahad Doukkali appartenait à cette famille-là : celle des artistes sincères, enracinés dans leur culture mais ouverts au monde.

Il était bien plus qu’un grand chanteur marocain.Il était une présence.Une élégance.Une mémoire vivante de la chanson arabe et marocaine.
Sa voix portait le parfum des nuits de Casablanca, la noblesse des grands textes, la douceur de la poésie et parfois aussi la mélancolie des hommes lucides. Il chantait avec l’âme. Et lorsqu’il parlait de son métier, de son pays ou de la vie, on sentait chez lui une immense fidélité aux émotions vraies.

Les artistes comme Abdelwahad Doukkali ne disparaissent pas totalement. Ils deviennent des souvenirs lumineux. Des visages qui continuent de nous accompagner longtemps après leur départ.
Au revoir Abdelwahad…Tu aimais Brel, ton métier et la vie.Merci pour ton accueil, ton regard bienveillant, ton immense talent et cette humanité simple qui touchait immédiatement ceux qui avaient la chance de croiser ton chemin.
Je suis heureux de t’avoir connu.Et le Maroc peut être fier d’avoir eu, parmi ses grandes voix, un homme de ta dimension.




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