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« UN SILENCE » un film de Joachim Delfosse

Adapté suivant l’histoire de Victor Hissel l’avocat de Marc Dutroux




La France découvre dans le film ‘UN SILENCE » une partie de la vie de cet avocat qui a osé défendre les familles Russo et Lejeune en 1995 face au monstre Dutroux assassin des petites Julie et Mélissa.  Souvenez-vous de son nom Victor Hissel à la barbe noir corbeau digne d’un Landru.

 En quête de notoriété, il devenait pour nous un héros. Le verbe haut, n'hésitant pas a accusé les magistrats d’êtres corrompus et remplis de complaisance. Accompagnant dans toutes les conférences de presse, les familles, il devient pour toute la Belgique le justicier de la vérité. L’emblème de la réalité. Coup de théâtre se disant persécuté, il abandonne la défense des parents de Julie et Mélissa.

Ce n’est que dix ans plus tard, en 2008, que l’on trouve dans le cadre d’une enquête internationale au domicile du chevalier blanc, la preuve de son intérêt pour les images pornographiques. Mis en examen, l’avocat de cinquante-deux ans reconnait les faits. Il soutient avoir des problèmes personnels et médicaux et déclare avoir été abusé durant son enfance. Avocat, il connait la loi et le fait d’avoir visionné ses images et de ne pas les avoir téléchargés le met à l’abri de la prison.

En avril 2009, son fils Romain âgé de vingt ans tente de l’assassiner. Victor Hissel frôle la mort. Romain après avoir été jugé pour tentative de parricide est acquitté . Non sans avoir évoqué comme défense les penchants précriminels de son père.

Cependant en octobre 2010,Victor Hissel est condamné par le tribunal de Liège à dix mois de prison avec un sursis de cinq ans pour détentions d’images à caractère pédopornographique. L’homme fait appel. Appel rejeté. Le beau parleur sollicite la Cour européenne, mais c’est une fin de non-recevoir.

Il est radié du tableau des avocats en 2012. Pourtant, le conseil de discipline de Bruxelles lui donne une seconde chance. Il obtient une suspension d’un an.

 

LE FILM : « UN SILENCE »

     Le réalisateur belge Joachim Delfosse construit son film, que sur la partie ‘parricide’ et le trouble familial engendré par la découverte de cet avocat manipulateur apprécié par sa respectabilité bourgeoise. Un fils qui veut tuer son père avec une mère en souffrance, prise entre deux feux. Son éducation l’a fait pencher du côté de son avocat de mari spécialisé dans les affaires de pédophilie, très médiatique. Ce personnage est sombre, complexe et manipulateur malsain. La famille éclate étant soumise à l’assaut du poids du silence qui entoure les actes criminels. Astrid la mère ‘sous silence’ depuis vingt-cinq ans est . Nous sommes dans une autre génération et perdre l’acquis est un drame. Les grands mots de l’avocat et les silences de son épouse donnent une force exceptionnelle à ce film.

Les deux acteurs principaux Emmanuelle Devos et Daniel Auteuil sont surprenants, mais pour eux cela devient ‘un pléonasme’. (C’est Benoit Poelvoorde qui était pressenti pour le rôle de l'avocat. Emmanuelle Devos quant à elle avait tout d’abord refusé le scénario). Le fils joué par Matthieu Galoux est poignant dans ce rôle d’adolescent. Emmanuelle Devos pleine de pudeur dans son silence assourdissant est dramatique. Toute l’action finalement se joue sur les émotions de la mère et épouse, c’est certainement cela la force du film.


Le silence …tue-t-il ?  Pour Daniel Auteuil : « Le silence est un méchant poison ». À nos confrères de : « C à vous » Emmanuelle Devos affirmait : "Se taire est très mauvais pour la santé. Le déni provoque sans doute des maladies physiques. J'ai perdu mes cheveux par poignées deux mois après la fin du tournage. Je pense que c'était vraiment une réaction liée au choc émotionnel."

                                                                                                              

   Ce film est dérangeant voir noir par instant. Il crée le malaise. En avait-on besoin à notre époque ? Les soixante premières minutes, sont exceptionnelles pour certains comme Léa Salamé sur France-Inter, pour d’autres, ennuyantes. Bien entendu, pour nous belges devrons-nous laisser guider nos émotions par le fait que nous connaissons le personnage principal ? Le film dégagera-t-il en Belgique les mêmes émois qu’en France ? Aura-t-il les mêmes répercussions ? À nous de juger !

Hervé Meillon

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