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Les folles enquêtes de Magritte et Georgette – à Montmartre

Nadine Monfils, Robert Laffont, 250 p. 14,90€


Magritte, bien sûr que vous connaissez, fait partie du patrimoine belge. Sa peinture, ses écrits sont heureusement mondialement connus. René Magritte et sa femme Georgette se sont transformés en enquêteurs sous la plume malicieuse, taquine et drôle de Nadine Monfils.

« Les folles enquêtes de Magritte et Georgette » sont une série éditée dans la collection ‘la bête noire’ chez Robert Laffont. Magritte, pipe au bec et chapeau boule, accompagné par Georgette, sa vraie femme dans la vie, de vingt ans sa cadette, et de Loulou leur chien aux poils blancs, forment un trio d’enquêteurs surprenant où la réalité et la fiction font bon ménage.

 


La Belgique était au rendez-vous des précédentes ‘folles enquêtes de Magritte et Georgette ’ sous les trouvailles originales de Nadine Monfils. Rien qu’avec les titres, vous allez comprendre cet univers de polar où les meurtres se mélangent à la réalité : ‘Leffe toi et marche’ - ‘Les fantômes de Bruges’ - ‘Charleroi du crime’ – ‘à Knokke le Zoute’ - ‘Nom d’une pipe’ - ‘Liège en eaux troubles’. Dans ce numéro sept de la série, nous restons en France et plus exactement dans un quartier du 18e arrondissement de Paris dominé par la basilique du Sacré-Cœur. Nadine Monfils a ses habitudes à Montmartre ; depuis vingt-cinq ans, elle y traine ses guêtres « avec son mec » comme elle dit. Ce n’est donc pas surprenant qu’elle y fasse conduire Magritte et Georgette, pour cette enquête. Le pinceau de Magritte se transforme une fois de plus en loupe.   

 

L’auteur atypique - car avec Nadine il ne faut pas dire autrice « pas de ça, s’il te plait ! Je ne suis pas de ce genre-là ! »  - nous emmène dans la vie du peintre et de sa femme où le réel et l’imaginaire sont les clés de ce polar. Nadine Monfils revendique haut et fort sa Belgique même si elle n’y habite plus, partageant sa vie entre ce petit village ‘parisien’ et la Normandie. Cette femme qui réclame sa liberté s’est pourtant marié trois fois "et pourquoi pas, sans contradiction, la vie serait bien terne." Les prunelles de ses yeux sont ses deux fils Raphaël et Jordy et en plus la voilà grand-mère.   

 

C’est une enfant unique, fille d’ambassadeur. Son diplomate de père reste dans son cœur en permanence : ce p’tit chou de Bruxelles vivait avec ses parents dans un monde bourgeois quelque peu aseptisé dut au rang du paternel souvent absent : " ce n'est pas la quantité qui compte, c'est la qualité." Son gout de la liberté, elle le doit à ses grands-mères qui, comme elle, étaient parfois ‘décalées du bocal’. Y’avait mémé l’aubergiste qui débitait son chapelet, buvait des grands crus mélangés au Spa citron et qui est morte à 105 ans - le mélange conserve. L’autre grand-mère faisait porte ouverte : sa maison était une sorte de tripot où tout le monde passait pour dire bonjour et où tous les univers se côtoyaient. C’est ces mondes complètement différents qui vont faire de la petite Nadine un personnage hors du commun.

 

Elle deviendra d’abord prof de morale et connaitra en parallèle son premier succès de librairie avec : ‘Contes pour petites filles perverses’. Elle va toucher à tout, puisqu’à son actif nous retrouvons à ce jour près de cent ouvrages : « pour moi écrire est ma bulle de rêve. »

La panachée Nadine Monfils aime le polar, toutes ses séries en sont la preuve. Des ‘Enquêtes du commissaire Léon’ en passant par ‘Mémé Cornemuse’ et bien d’autres bouquins qui ont porté sa renommée là où elle l’avait décidé ne cherchant pas les trompettes de la renommée. Néanmoins souvent récompensée, cette touche à tout écrit pour le théâtre et a même été réalisatrice en 2004 du film ‘Madame Edouard’, une comédie policière où le générique donne le tournis : Michel Blanc, Didier Bourdon, Josiane Balasko, Dominique Lavanant, Annie Cordy, Bouli Lanners...

 

Dans « Les folles enquêtes de Magritte et Georgette » à Montmartre, l’auteure sans complexe continue à écrire belge et parfois les rrrrr prononcés de Magritte, son idole, résonnent à la lecture. Bien entendu, les meurtres auxquelles sont confrontés les héros sont imaginaires, le reste est bien vrai. Nadine Monfils fait un travail d’historienne très sérieux puisque tout l’univers de René et Georgette est exact. Leurs rencontres avec André Breton, Tsara et les autres surréalistes... Les situations et certains dialogues appartiennent absolument à l’univers traversé par, le surréel magique Magritte, et sa femme qui portait la ‘culotte’. Boris Vian est très présent, à l’ombre du Moulin Rouge où se trouve son appartement ‘cité veron’ resté encore dans son jus. En dire plus serait dévoiler l’énigme, car dans ces vérités subsiste un roman policier.

 

La prochaine enquête, nous confie Nadine se passera en compagnie de Salvador Dali à Cadaquès. Le titre s’il vous plait Nadine ? : « Pataquès à Cadaquès ». Il est à espérer qu’une chaine de télévision ou une plateforme aura un jour l’envie de retracer la vie de Magritte sous la forme de ses enquêtes qui font rêver en entretenant le suspens.

 

De Maigret à Magritte, il n’y a qu’une lettre de différence… surtout lorsque l’on sait que Magritte était féru d’histoires de détectives ; le mystère reste entier une pipe est-elle vraiment une pipe ?

Grâce à Nadine Monfils, notre garçon manqué, « Les folles enquêtes de Magritte et Georgette » nous font découvrir une époque en nous rapprochant au plus près de la vie du peintre et de sa femme. Ses livres se vendent à près de quarante mille exemplaires - de quoi être fière, Nadine !  

À vous de résoudre ce meurtre au travers de ce petit village autonome de Montmartre où règnent des fantômes bien présents.

                                                                                                                                                                     Hervé Meillon

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