AVIGNON 2026 CONTES SOUS LE BAOBAB par la compagnie Marbayassa … l’Afrique des mots, de la musique et du cœur
- il y a 3 jours
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Il suffit parfois d’un conte, d’une mélodie et d’une voix pour voyager. C’est ce que nous avons vécu avec Contes sous le baobab.
Cette troupe de la compagnie Marbayassa ne vient pas d’hier. Fondée à Ouagadougou, au Burkina Faso, au milieu des années 1990, elle fait aujourd’hui partie des compagnies de théâtre les plus reconnues de son pays. Lauréate à plusieurs reprises des grands prix du théâtre burkinabé, elle sillonne depuis de nombreuses années les scènes d’Afrique, d’Europe et du Festival d’Avignon, où elle revient régulièrement avec des créations qui font dialoguer les traditions africaines et le théâtre contemporain. Elle possède également une antenne en France, rattachée au Théâtre de la Trame, installé à Saint-Just-Saint-Rambert (Loire). Le metteur en scène du Théâtre de la Trame, Guy Giroud, travaille depuis de nombreuses années avec les artistes burkinabés. Il met en scène plusieurs de leurs spectacles, organise leurs tournées en France et en Europe et assure leur diffusion administrative. La création artistique, elle, reste ancrée à Ouagadougou, où vivent les comédiens de la compagnie Marbayassa.

Avec « Contes sous le baobab », Marbayassa retrouve ce qui fait son identité. Celle des griots, ces passeurs de mémoire qui racontent le monde pour mieux le transmettre. Sous le baobab, arbre sacré dans de nombreux villages africains, les histoires prennent vie. Elles parlent des hommes, des animaux, de la nature, de la sagesse des anciens. Elles font sourire, réfléchir et parfois émouvoir.
La beauté du spectacle réside dans l’écriture de ces contes. Les textes sont simples en apparence. Derrière chaque mot se cache une leçon de vie. Rien n’est pesant. Rien n’est démonstratif. Les allusions humoristiques à notre époque sont un clin d’œil sans duperie. La tradition orale retrouve ici toute sa noblesse.
La musique occupe une place essentielle. Le balafon, la kora, les percussions et les chants ne servent pas seulement d’accompagnement. Ils racontent eux aussi une histoire. Ils prolongent les émotions des personnages, donnent du rythme aux récits et plongent le public dans une Afrique vivante, généreuse et lumineuse.
Nous avons aussi
aimé l’interprétation personnelle de chacun des artistes, quatre garçons et une fille. Ils sont conteurs, comédiens, chanteurs et surtout des musiciens envoutants. Ils passent d’un personnage à l’autre avec une facilité déconcertante. Un regard, un geste, une intonation suffisent à faire surgir un animal de la savane, un ancien du village ou un enfant émerveillé. Leur plaisir d’être sur scène est communicatif.
Ce spectacle rappelle que le conte n’est pas un divertissement réservé aux enfants. Il est un héritage. Une manière de transmettre des valeurs sans jamais imposer de morale. Une invitation à écouter les autres, à respecter la nature et à regarder le monde avec un peu plus d’humanité.
En quittant la salle, nous avions le sentiment d’avoir partagé bien plus qu’un spectacle. Nous avions reçu un morceau d’Afrique. Une Afrique qui chante, qui raconte, qui transmet. Une Afrique où les mots ont encore le pouvoir de rassembler les hommes autour d’un arbre… et de leur rappeler l’essentiel.
La sagesse n’est pas démodée, ce n’est pas une légende, il suffit de l’entendre !
Je suis vrai à vous d’être juste.
Hervé MEILLON. Chroniqueur médias : — TV-Radio-Podcast-Presse écrite…



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