AVIGNON 2026 GRANDE FILLE de JEANNE ÉLIMA one woman show ...une différence qui pourrait pu devenir une force !
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1,80 m à temps plein. « Lorsque l’on est une fille grande soit on devient basketteuse, travesti ou mannequin ! » voilà comment Jeanne Elima se présente. C’est vrai qu’elle est grande et belle. Elle fait de sa grande taille le point de départ d’un spectacle drôle, touchant et plein d’humanité. Depuis son enfance, son physique attire les regards. Elle avoue son rêve : « j’aurais aimé être petite ». Elle évoque ses souvenirs d’école. Les remarques et les maladresses des autres. Ses rencontres amoureuses : « Les hommes ont peur des grandes. Il faut trouver un homme à sa taille ou à la hauteur ». Elle sort de la norme. Généralement, 1,63 m pour les femmes. Elle aurait pu en faire un complexe. Elle en a fait une force de vie et surtout un sujet de théâtre inhabituel. Jeanne Elima déroule le fil de sa vie. Tout devient prétexte à sourire. Rien n’est raconté avec amertume. Ses grands yeux roulent en accompagnant ses mimiques. Son corps devient un formidable outil de jeu. De la pantomime à la caricature, elle enchaîne les grimaces, les attitudes et les voix. Belle énergie. Elle chante aussi et voilà que le public applaudit à ses playbacks et se marre… et pourtant… le mélange des tableaux nous éloigne peu à peu d’une grandeur possible et originale de ce standup. Les disciplines s’accumulent, le fil du récit se disperse.
Dans la vie, nous passons beaucoup de temps à vouloir ressembler aux autres. Jeanne Élima démontre que c’est souvent ce qui nous rend différents qui fait notre singularité. Mais elle tombe dans le piège des one woman shows qui s’égarent dans des méandres de tableaux inutiles. Le spectacle ne se limite pas au seul registre d’accepter sa différence et nous pensons que c’est une erreur… L’artiste détenait un sujet en or mais pas assez creusé. Elle s’embarque dans les éternels thèmes de la mère possessive et psy, des blessures de l’adolescence puis de l’accouchement et de la maternité.
Nous pensons que sa « différence » d’être grande aurait pu et dû être plus travaillée. Son fil rouge doit rester sur ce qui touche : le besoin d’être acceptée, les complexes, la construction d’une personnalité. Un fil rouge qui aurait permis de se démarquer avec cette matière hors norme.
Jeanne Elima a le sens de la scène et une personnalité qui ne laisse pas indifférent, mais elle doit davantage travailler son texte que démontrer ses talents de pantomime. Ce n’est pas facile de grandir dans ce métier. Voyons la suite en espérant qu’elle prendra de la hauteur ?
Je suis vrai à vous d’être juste.
Hervé MEILLON. Chroniqueur médias : — TV-Radio-Podcast-Presse écrite…



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