AVIGNON 2026 LE GARCON NUAGE
- 12 juil.
- 2 min de lecture

On monte avec Le Garçon Nuage, dans un ciel à la recherche des objectifs de l’oubli et on n’éprouve à aucun moment l’envie d’en redescendre. Difficile d’escamoter ce moment enchanteur. Difficile de ne pas être ébloui par le talent irracontable d’Ethan Oliel ce comédien qui transforme des mots en une musique humaine.
Ethan Oliel, récompensé en 2024, à seulement 27 ans, par le Molière de la Révélation masculine pour Le Cercle des poètes disparus, il présente au Festival Off d’Avignon, à La Scala Provence, son premier seul-en scène, Le Garçon Nuage.
Un spectacle évènement qui renoue avec les grands qui y sont passés depuis 60 ans. Jean Villard son créateur et Gérard Philippe sont magnifiquement récompensés par cette hospitalité de ce comédien poète.
Dans ce seul-en-scène essentiel, nos émotions se bousculent à l’infini. La poésie, entre prose et alexandrins, irrigue chaque mot et triomphe par la céleste prestation divine de ce comédien. Un texte déroutant et puissant superbement interprété avec une perfection du jeu sans égal.
Ethan Oliel possède cette qualité rare : il joue sans jamais donner l’impression de jouer. Sa présence est d’une justesse remarquable, tout en finesse et en retenue. Pieds nus, il avance comme un jazzman du cœur, improvisant des émotions qui semblent naître sous nos yeux. Peu à peu, nous devenons les habitants du royaume suspendu de ses songes.
En se réfugiant dans les nuages, son personnage cherche à mieux comprendre sa réalité et à retrouver sa vérité avant de remettre les pieds sur terre. Un véritable combat intérieur qui nous renvoie à notre propre condition humaine. Un dialogue avec un inconnu vivant. Impressionnant de tendresse. On atteint l’amour avec une intensité pénétrante et une sensibilité énergique. Chaque silence, chaque mimique comptent autant que chaque phrase.
À plusieurs reprises, on a le sentiment qu’il ne s’adresse plus à une salle entière, mais à chacun d’entre nous. Cette proximité bouleverse, nous met la tête dans les nuages et rend notre cœur un peu plus léger.
Ethan Oliel demande au spectateur de l’accompagner, d’accepter de lâcher prise pour entrer dans cette langue poétique. Certains passages exigent une attention totale, mais cette exigence est largement récompensée et si on décroche, c’est par obligation de comprendre et d’être en fusion avec ce comédien, car c’est impressionnant de tomber du ciel.
Je suis vrai à vous d’être juste.
Hervé MEILLON. Chroniqueur médias : -TV-Radio-Podcast-Presse écrite…



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