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AVIGNON 2026 PABLO CAILLAULT Petite scène pour grande surprise

  • il y a 7 jours
  • 3 min de lecture

Le théâtre de l’Ange qui ne paye pas de mine fait partie, du moins nous l'imaginons, de ces lieux de location loués pas très chers aux humoristes comédiens débutants en devenir. Pas moyen de s’échapper ! Vous êtes prisonnier de l’exigüité, de la chaleur et des odeurs de transpiration ! À peine 40 places, quelques mètres carrés et une scène qui se mélange à la salle. Avouons que cette promiscuité procure un rapprochement qui pourrait être déplaisant. En tout cas, ce ne fut pas le cas pour un évident Pablo Caillaut que nous avons voulu voir dans le cadre de nos envies de découvertes — en dehors de certaines grosses machines du Off.

 

Au départ, rien ne le distingue des nombreux humoristes qui se produisent chaque été dans la cité des Papes. Et puis les lumières s’éteignent, un jeune homme de 27 ans arrive sur scène, presque maladroitement, et en quelques minutes, on est avec lui. Rien n’est orgueilleux dans sa prestation, il se livre nous regardant parfois droit dans les yeux comme pour mieux chercher notre assentiment. Il accepte ses failles. Il ne donne pas de leçon. Il partage son parcours avec beaucoup de sincérité. La complicité s’installe. Un spectacle attachant. Il est beau et joue avec adresse d’un décalage maladroit dans son élocution ce qui en fait son style et son charme.

 

Pablo Caillault fait partie de cette génération de comédiens qui n’aligne pas les blagues. Son spectacle suit un fil conducteur. Il nous emmène dans les souvenirs de celui qui a souvent voulu plaire aux autres avant de comprendre qu’à force de chercher l’approbation de chacun il se perdait. On rit de ce jeune homme qui garde collée aux fesses une famille dont il a du mal à couper le cordon ombilical. Il est en liberté sous tutelle. Une mère d’amour qui veut tout lui apprendre en ne le lâchant pas et qui est prête à l’accompagner partout, même dans le lit amoureux de son premier amour féminin. On rit de ce moniteur de colonie de vacances qui découvre son premier amour, Eve. Il raconte une Eve qui a l’odeur des livres de chez Gallimard, bien dégourdie de la chose, et qui finalement en aura marre de ce beau jeune homme prêt à lui faire croire n’importe quoi pour ne pas lui avouer qu’il est puceau. On rit de ce faux joueur de trompette qui cache ses peurs derrière des mensonges hasardeux…       


Tout part de situations simples. Une histoire d’amour, quelques chouquettes sur la promenade des Anglais à Nice, une trompette achetée dans un moment de panique, des maladresses qui finissent par prendre des proportions inattendues. Chaque épisode semble sorti de la vie quotidienne. Nous avons ri parce que nous nous sommes retrouvés dans ces petits échecs que chacun connaît un jour. Des rires qui naissent d’une situation vécue avec une mécanique comique de charme.


Ce qui nous a séduits, c’est l’écriture. Les mots sont choisis avec soin. Les silences ont leur place. Pablo Caillault ne cherche jamais l’effet facile. Un vrai sens du récit et une personnalité qui s’affirme au fil de l’heure. Son débit de parole est volontairement malhabile. Ses expressions sont belles. Il a son langage à lui. À Avignon, il n’est pas simple de trouver sa place. Pablo Caillault y parvient avec son propre univers. Il n’a pas besoin d’en faire plus que les autres, il a trouvé son style.

 

Nous sommes sortis

avec le sourire et avec cette impression rare d’avoir rencontré un artiste plus qu’un humoriste. Dans les salles d’Avignon, on entre par curiosité. Nous en sommes ressortis avec l’envie d’en parler autour de nous. Repéré par Jarry, dont il a déjà assuré plusieurs premières parties, Pablo Caillault appartient à cette génération de jeunes humoristes qui ont grandi loin des grands circuits parisiens. Fidèle à ses racines provençales, il revendique un humour nourri par les rencontres, les petites histoires du quotidien et cette chaleur humaine propre au Sud.

 

Je suis vrai à vous d’être juste.

            

Hervé MEILLON. Chroniqueur médias : — TV-Radio-Podcast-Presse écrite…

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