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AVIGNON 2026 Solène Colin dans PLAIDOIRIE D’UNE INSOUMISE

  • 14 juil.
  • 2 min de lecture

Certes, le sujet ne nous semble pas avoir été traité au niveau théâtral et reste une idée singulière, mais la mise en scène nous entraîne dans les tourbillons d’une réflexion sur la liberté de la femme à vivre sa sexualité comme elle l’entend notamment ici sous la soumission d’un maître sexuel. Sujet osé face à l’époque que nous vivons. C’est une autre forme de liberté de parole pour la femme, indispensable du féminisme.

Le principe, une femme avocate plaide devant une cour d’assises et défend un homme dont elle a été la soumise acceptée et revendiquée. Sa défense l’amène à défier la société et à revendiquer une relation BDSM consentie. Cette femme ne se sent pas du tout victime, elle aime être dominée par son maître. Le public est quant à lui « soumis » non seulement à la plaidoirie, mais aussi aux scènes vécues du sadomasochisme. Scènes crues et indiscrètes, nous ne savons si cela était utile ? Ne peut-on pas laisser les spectateurs libres des images qu’il peut créer dans sa tête ? Ce qui est vrai, c’est que sans certains tableaux le spectacle n’existerait pas.

Les scènes de théâtre se transforment en scènes de cinéma. Le public, par un habile jeu de lumière, assiste à des scènes égrillardes où la comédienne bascule de l’avocate à la soumise qui se retrouve carrément nue sur scène, en dialoguant avec les mots directifs de son maître et exaucant ses ordres dominateurs. Cette femme aime, cela fait partie des plaisirs et de la liberté de sa sexualité. Elle le revendique et refuse que la justice juge son intimité.

Le rôle qui ébranle les convictions est interprété par Solène Collin, auteure et metteuse en scène de cette création. Elle explique avoir fait le choix de porter ce sujet, tiré d’une histoire vraie, pour partager les thèmes de la liberté sexuelle des femmes et de la pratique du BDSM. La tension mise en scène se brode au point de croix entre répétitions et rythme, contrôle et relâchement, esthétique du détail et contrastes noir et blanc.

Le public semble tomber des nues, pris entre la morale et la réalité. Face à Solène Collin bouleversée, il applaudit, gêné ou bousculé ? Ce qui est surprenant, c’est qu’il se sent obligé de dialoguer au sortir de la salle avec la comédienne ! Est-ce pour comprendre, pour juger, pour se révolter ?

Quant aux pratiques sexuelles mises à nu dans ce tribunal, qui a le droit de les juger quand elles sont librement consenties et admises sans pression. Un spectacle qui se voudrait déconcertant alors qu’il est un hymne à la liberté défiant ainsi les normes de la société. 

Je suis vrai à vous d’être juste.

             Hervé MEILLON. Chroniqueur médias : — TV-Radio-Podcast-Presse écrite…


 
 
 

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