AVIGNON 2026 Yves-Marie LE TEXIER dans MON PÈRE AVAIT 3 VACHES
- 16 juil.
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« Mon père avait trois vaches » et le comédien un rêve d'enfant. Cela suffit pour raconter toute une société sur une scène de théâtre. Un petit garçon de sept ans qui ne souhaitait qu'une seule chose : monter un jour dans une ensileuse (machine agricole servant au remplissage des silos à fourrage). Derrière cette image se cache l'origine d'un spectacle où l'intime rejoint l'universel.
Yves-Marie Le Texier, nous entraîne au cœur d'un monde qu'il connaît de l'intérieur. Celui des hommes et des femmes qui vivent de la terre, celui des fermes familiales, des espoirs et des désillusions. Un univers dont il parle sans nostalgie facile, sans jugement, mais avec une infinie sincérité. Tendre, drôle, profondément émouvant et parfois attendrissant, le spectacle nous fait suivre les parcours de cinq avatars, cinq vies possibles, cinq destins que le comédien aurait pu embrasser : quel agriculteur serait-il devenu s'il n'avait pas choisi le théâtre ? C’est cette liberté qu’il met aussi en avant. La liberté de quitter la ferme sans renier ses racines. La liberté de ne plus porter des bottes, mais de monter sur une scène. La liberté de remplacer les tracteurs par les mots, l'humour, la poésie et la tendresse pour raconter ceux qui, eux, sont restés.
À travers ces cinq destins, c’est toute la révolution agricole bretonne qui défile sous nos yeux : la mécanisation, le productivisme, les transformations sociales, l'essor de l'agriculture biologique, les défis environnementaux, mais aussi le mal-être des hommes et des femmes qui vivent leur terre, une souffrance longtemps restée silencieuse. Jamais complaisant, toujours profondément humain. Le comédien donne la parole à celles et ceux dont la vie est rythmée par les récoltes, les crises, les dettes, les choix impossibles et une passion intacte pour leur métier. La vache au travers du temps !
Ce seul en scène installe une réflexion sans imposer une vérité. Yves-Marie Le Texier impressionne par la qualité de son interprétation. Il passe d'un personnage à l'autre, donnant à chacun une identité, une voix, une fragilité et une humanité singulières.
On peut abandonner les bottes sans renoncer à ses racines, et trouver une autre manière aussi noble de cultiver : avec les mots, l'humour, la poésie et l'émotion.
Un admirable hommage à ceux qui cultivent la terre… et notre mémoire. Une œuvre sensible, intelligente et nécessaire, qui nous rappelle que le théâtre peut donner aussi une voix à ceux que l'on entend peu. On se sent bien au cul des vaches, le paysan paye en traite sa passion. Et comme il est dit dans le texte : « on fait du lait et eux font du beurre ».
Je suis vrai à vous d’être juste.
Hervé MEILLON. Chroniqueur médias : — TV-Radio-Podcast-Presse écrite…



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